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Haolong dongi : le dinosaure qui réécrira nos manuels de paléontologie

Photo du rédacteur: Golden Fossils
Golden Fossils
15 oct.
3 min de lecture

Imaginez un dinosaure herbivore de la taille d'un grand dauphin, trottinant dans les forêts du Crétacé en Chine il y a 125 millions d'années — et couvert de piquants. Pas des plumes. Pas des écailles. Des piquants. C'est précisément ce qu'a révélé une équipe internationale de scientifiques, dont des chercheurs du CNRS, dans une étude publiée le 6 février 2026 dans la revue Nature Ecology & Evolution.


Un fossile d'une conservation extraordinaire

Dans cette nouvelle étude, l'équipe décrit Haolong dongi, un nouveau dinosaure iguanodontien du nord-est de la Chine dont la peau est si bien fossilisée que son organisation cellulaire est encore visible après 125 millions d'années. C'est une rareté absolue en paléontologie : les tissus mous — peau, muscles, organes — se décomposent en général bien avant d'avoir la moindre chance de se fossiliser.

Il y a trois ans, le paléontologue belge Pascal Godefroit a été informé de la découverte de ce nouveau spécimen dans le nord-est du pays. Il s'agissait d'un jeune dinosaure de 245 cm, dont la peau fossilisée était incroyablement bien conservée.


Un « dragon épineux » sans précédent

Nommé Haolong dongi, ce qui signifie « dragon épineux » en chinois, ce dinosaure se distingue par des piquants cutanés creux de différentes tailles, le plus long atteignant 4 cm. Ces structures sont réparties sur une grande partie du corps, notamment le long du cou et des flancs.

Le groupe des Iguanodontia — auquel appartient Haolong dongi — est pourtant l'un des mieux documentés de la paléontologie. Il s'agit de l'un des plus anciens groupes de dinosaures observés par l'Homme, et la découverte de piquants sur ce fossile est d'autant plus extraordinaire que l'on pensait cette famille bien connue. Deux siècles d'études, et voilà qu'un juvénile de 2,5 mètres nous rappelle que la nature a encore des secrets bien gardés.


Comment les chercheurs ont-ils analysé ces piquants ?

Au moyen de scans à rayons X et de coupes histologiques à haute résolution, les scientifiques ont pu observer des cellules cutanées préservées depuis 125 millions d'années, témoins de la présence de piquants creux et cornés sur une grande partie du corps.

Ninon Robin, paléontologue au CNRS et co-autrice de l'étude, explique l'enjeu de cette microanalyse : comprendre la microstructure interne de ces piquants était une clé pour identifier leur nature, bien différente des plumes. Une distinction cruciale, car le lien évolutif entre les appendices tégumentaires des dinosaures et les plumes des oiseaux actuels est au cœur de nombreux débats scientifiques.


À quoi servaient ces piquants ?

Les chercheurs envisagent plusieurs hypothèses fonctionnelles, qui ne s'excluent pas mutuellement.

La défense, d'abord. Ce dinosaure à piquants était herbivore et vivait sous la prédation de petits dinosaures carnivores. Comparables à celles des porcs-épics par leur fonction de dissuasion, ses appendices représentent une innovation évolutive unique. Autrement dit : mieux vaut ne pas croquer dedans.

La thermorégulation, ensuite. Les piquants creux auraient pu jouer un rôle dans la thermorégulation, aidant le dinosaure à réguler sa température corporelle dans un environnement où la moyenne annuelle était d'environ 10 °C.

La perception sensorielle, enfin — bien que cette hypothèse soit jugée moins probable par l'équipe.


Ce que cela change pour la paléontologie

Cette découverte a une portée qui dépasse largement le cas de Haolong dongi. On est désormais sur l'idée qu'une diversité de choses pouvait pousser sur le corps d'un dinosaure, et pas seulement des plumes. Des piquants ont peut-être existé sur d'autres spécimens déjà dans nos collections — simplement non détectés, faute d'une préservation suffisante de la peau.

Le spécimen de Haolong dongi étant juvénile, il reste à déterminer si ces piquants étaient également présents chez les adultes — une question qui ouvrira certainement de nouvelles campagnes de fouilles et d'analyses.



 
 
 

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